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jeudi 13 décembre 2012

Une crise alimentaire menace Haïti dans la foulée de Sandy


Les Haïtiens ont largement souffert de la faim dans la foulée d'une saison des tempêtes particulièrement active, et la situation risque de se prolonger, affirme une nouvelle étude rendue publique vendredi.
L'étude, soutenue par un groupe de réflexion brésilien, montre que les régions rurales des départements du Nord, de l'Ouest et de Grand'Anse ont subi « des pénuries de nourriture graves » après la tempête Sandy, alors un ouragan, et une autre, sans nom, qui a suivi. Les deux tempêtes ont frôlé Haïti en octobre et en novembre, causant de graves inondations et tuant 66 personnes.
Près de 70 % des quelque 1000 ménages interrogés ont déclaré avoir souffert de la faim de façon modérée ou sévère, selon l'étude, intitulée « Après la tempête : l'arrivée de la crise alimentaire en Haïti ».
L'étude a été réalisée par Athena Kolbe, Marie Puccio et Robert Muggah, des spécialistes des sciences sociales qui travaillent régulièrement en Haïti. L'étude fait écho aux avertissements de l'ONU, qui avait prévenu que plus de 1,5 million d'Haïtiens risquaient de souffrir de malnutrition après la perte de leurs récoltes dans la tempête.
Jusqu'à 90 % des récoltes de la saison ont été détruites par Sandy, principalement dans le sud du pays, selon les Nations unies.
« En considérant tous les facteurs, nous nous attendons à constater une insécurité alimentaire dans six mois », a déclaré Mme Kolbe, candidate au doctorat en travail social et en science politique à l'université du Michigan, aux États-Unis. « Il y aura beaucoup de régions où il n'y aura pas beaucoup de nourriture, et nous savons ce qui se passe quand il n'y a pas beaucoup de nourriture. »
« C'est assez peu réjouissant », a-t-elle ajouté.
Crainte
Athena Kolbe et les travailleurs humanitaires craignent qu'Haïti assiste à une répétition de ce qui s'est passé en 2008. Cette année-là, la hausse du prix des aliments avait provoqué une semaine d'émeutes meurtrières ayant mené au renvoi du premier ministre et de son cabinet.
L'étude, appuyée par l'institut Igarape, un groupe de réflexion sans but lucratif de Rio de Janeiro, a été menée auprès de 1355 ménages, avec un taux de réponse de 84,7 %. Les sondages ont été menés immédiatement après le passage de Sandy et de l'autre tempête qui a suivi.
L'étude a notamment permis d'apprendre que les résidents des régions rurales ont rapporté « l'absence complète » des services municipaux dans la semaine ayant suivi le passage de Sandy. Cela signifie donc qu'ils n'ont eu aucun contact avec la police ou des représentants du gouvernement et qu'aucune autorité ne les a aidés à déplacer les débris.
Le fonds créé par les deux anciens présidents américains George W. Bush et Bill Clinton après le séisme dévastateur en Haïti, il y a près de trois ans, cessera ses activités à la fin du mois.
L'organisme fermera le 31 décembre, car il aura dépensé la totalité des 54,4 millions de dollars récoltés auprès d'entreprises, d'organisations et d'individus.

Associated Press

mercredi 28 septembre 2011

Haïti - Social : 4,5 millions d'haïtiens en situation d'insécurité alimentaire...

Garry Mathieu, le responsable de la Coordination Nationale de Sécurité Alimentaire (CNSA) à fait savoir, que près de 50% de la population d'Haïti, soit près de 4,5 millions de citoyens est dans une situation d'insécurité alimentaire. Ce chiffre fait suite à une  enquête d'évaluation de la sécurité alimentaire dans le pays, conduite par la CNSA avec le support du Programme Alimentaire Mondiale (PAM), de l'Organisation des Nations Unies pour l'Alimentation (FAO) et d'autres partenaires.


Le responsable de la CNSA précise toutefois, que ces statistiques pourraient être revues a la baisse, notamment parce que l’enquête a été réalisées durant les mois d'avril et mai, période généralement de manque de disponibilité alimentaire dans le pays. Néanmoins, il précise que les 10 départements géographiques sont touchés par l'insécurité alimentaire, mais que ce problème touche principalement les personnes appartenant aux couches les plus défavorisées de ces départements. Garry Mathieu souligne également que la population n'a pas accès a une alimentation équilibrée et que la plupart des citoyens vivent avec des revenus inférieurs « au prix panier ». Selon lui, 37% de la population fait face à une insécurité alimentaire modérée et 8% à une insécurité alimentaire chronique. M. Mathieu insiste sur la nécessité de mettre en place une politique gouvernementale coordonnée et génératrice de projets de développement et créatrice d'emplois, une manière efficace de lutter contre l'insécurité alimentaire, ajoutant que l'éducation nutritionnelle de la population, doit être parmi les priorités. Il invite aussi les autorités compétentes a prendre des mesures visant a protéger les bassins versants, afin de sécuriser les récoltes des paysans et plaide également pour davantage d'investissements dans l'agriculture, le stockage et la transformation des produits. « Il faut que nous adoptions des mesures aptes a favoriser l'accès aux marchés » ajoutant que l'aide humanitaire ne saurait réduire l'insécurité alimentaire.

vendredi 2 septembre 2011

Haïti-Alimentation : 45% de la population touchée par l’insécurité alimentaire



La coordination nationale pour la sécurité alimentaire (Cnsa) annonce, pour le mois d’octobre 2011, le rapport final de l’enquête conduite sur la sécurité alimentaire au cours de la période mai-juin 2011, selon les informations consultées par l’agence en ligne AlterPresse.
En attendant, 45% de la population haïtienne se trouve en situation d’insécurité alimentaire. d’après les données préliminaires rendues publiques.
Sur ce chiffre, 8.9% est concernée par une insécurité alimentaire élevée, soit 800 mille habitants vivant en milieu rural et dans la zone métropolitaine de la capitale Port-au-Prince.
33.6% de la population se trouve en situation d’insécurité alimentaire modérée. Ces personnes risquent de souffrir d’insécurité alimentaire en cas de chocs et de crises, si elles ne reçoivent pas l’aide adéquate.
Déjà, la Cnsa préconise diverses dispositions institutionnelles, entre autres un programme de renforcement des capacités des agricultrices et agriculteurs pour accroître la production agricole locale et un programme de transformation alimentaire pour augmenter le stock des aliments.
La Cnsa recommande aussi la mise en place d’une politique d’approvisionnement et de stockage, devant faciliter l’accès des populations vulnérables à la nourriture pendant la période dite de soudure.
La mise en place d’une bonne politique de gestion des importations, une éducation nutritionnelle et à l’hygiène pour toute la population, des études pour mieux comprendre les causes de l’insécurité alimentaire en milieu urbain, sont également nécessaires dans le contexte actuel, selon l’organisme étatique.
Intitulée « Analyse compréhensive de la sécurité alimentaire et de la vulnérabilité », l’enquête - qui a été réalisée sur un échantillon de 3 557 ménages dans tout le pays - prend notamment en compte le déplacement de populations après le séisme du 12 janvier 2010.

vendredi 17 juin 2011

Les prix agricoles resteront élevés sur 2011-2020

PARIS (Reuters) - Les prix des produits agricoles de base devraient rester plus élevés sur 2011-2020 que lors de la précédente décennie mais moins qu'en 2010-2011, selon un rapport de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) et de l'OCDE publié vendredi.
Pour expliquer cette tendance, les auteurs citent la demande soutenue pour les produits alimentaires et les biocarburants ainsi que les répercussions des hausses des prix de l'énergie.
Les prix alimentaires mondiaux ont atteint des records cette année, sous l'effet principalement des mauvaises conditions climatiques, rappelant la période 2007-2008 lors de laquelle des émeutes avaient éclaté en Egypte, à Haïti ou au Cameroun.
Le président français Nicolas Sarkozy, qui préside le G20, souhaite imposer de nouvelles règles pour réduire la spéculation, qu'il considère être à l'origine des hausses de prix qui ont atteint près de 40% sur les 12 derniers mois.
Les ministres de l'Agriculture du G20 se réunissent à Paris la semaine prochaine.
"Les prix des produits de base ne devraient pas se maintenir au niveau élevé atteint début 2011, mais les projections font état, en termes réels, d'une moyenne supérieure à celle de la décennie précédente", lit-on dans le rapport publié vendredi.
L'étude fait état d'une moyenne supérieure de 20% pour les céréales (maïs) et jusqu'à 30% pour la viande (volaille) sur la période 2011-2020.
D'après les auteurs, la production agricole mondiale va augmenter de 1.7% par an en moyenne contre 2.6% au cours de la décennie précédente.
Le ralentissement devrait toucher la plupart des cultures, notamment les oléagineux et les céréales secondaires. Dans le secteur de l'élevage, l'évolution devrait rester proche des tendances récentes.
"La production par habitant devrait quant à elle continuer de progresser de 0.7% par an", lit-on dans le rapport.
Les auteurs soulignent que "lorsque les prix restent élevés pendant longtemps, il peut être plus difficile de répondre aux objectifs mondiaux de sécurité alimentaire et les consommateurs pauvres sont dès lors plus exposés au risque de malnutrition".
Ils estiment nécessaire d'instaurer des mesures à court terme pour aider à gérer et à atténuer les risques associés à la volatilité, et d'investir d'avantage pour améliorer la productivité et la résistance du système agricole et alimentaire mondial.
"Les conséquences des prix élevés et volatils sur l'insécurité alimentaire sont devenues un enjeu central pour le G20 et de nouvelles propositions d'action seront à prendre en considération lors de la réunion des ministres de l'Agriculture du G20 en Juin 2011", ajoutent-ils.