vendredi 3 juin 2011

Haïti - Santé : La situation est grave à Carrefour, 300 cas par jour


Mimy Muisa Kambere, promoteur de la santé publique pour Oxfam en Haïti et personne en charge de l'évaluation du début de la flambée épidémique du choléra à Carrefour a déclaré « La flambée épidémique actuelle du choléra dans la région de Carrefour est bien pire que celle enregistré en Novembre. À cette époque, il y avait un maximum de 900 cas signalés de choléra par semaine. Maintenant, plus de 300 nouveaux cas sont enregistrés chaque jour. » soulignant que « Toutefois, le nombre de victimes est beaucoup plus faible que nous l'avons vu en Novembre, les gens sont maintenant en mesure d'obtenir de l'aide plus rapidement. »

« Les premiers cas de cette nouvelle flambée de l'épidémie sont originaires d'une communauté au sud de Port-au-Prince, dans une zone montagneuse, près d'une rivière. Cette zone n'a pas accès à des installations sanitaires et il y a très peu d'eau potable disponible. L'arrivée des fortes pluies la semaine dernière a facilité la propagation de la bactérie dans les sources d'eau locales, qui peuvent avoir provoqué la propagation de la bactérie » précise Mimy Muisa Kambere.

« Nous faisons tout notre possible pour arrêter la propagation de l'épidémie. Oxfam renforce ses programmes d'eau, d'assainissement et d'hygiène dans les camps où nous travaillons déjà dans le région de Carrefour. La propagation du choléra peut être arrêtée par de bonnes pratiques d'hygiène. C'est aussi simple que le lavage des mains et l'eau potable. Nous faisons tout notre possible pour donner des informations sur l'hygiène à autant de personnes que possible. Nous distribuons des savons et aquatablets pour chlorer l'eau et nous parlons aussi aux gens vivant dans les camps sur la façon d'éviter l'infection. La coordination avec les autorités locales et d'autres ONG dans le domaine est vitale pour que nous puissions être aussi efficace que possible dans notre réponse. Nos équipes se concentrent sur ça à l'heure actuelle. »

Roland Van Hauwermeiren, directeur pays d'Oxfam en Haïti indique tant qu'à lui « Nos équipes sont prêtes à fournir une réponse d'urgence à cette récente flambée épidémique du choléra. Nous avons déjà préparé un plan d'action pour une éventuelle intervention: notre stratégie est en place, notre stock est prêt et nos experts sont déjà en train de procéder à une évaluation de la situation et de fournir une première réponse. Nous avons maintenant besoin de la communauté internationale, en particulier des donateurs, à soutenir nos efforts. »

La souche de la bactérie E. coli nouvelle et toxique

MOSCOU (Reuters) - L'Escherichia coli à l'origine d'une flambée épidémique meurtrière en Allemagne est une nouvelle souche bactérienne hautement toxique, ont rapporté jeudi des scientifiques, alors que des cas signalés aux Etats-Unis alimentent les inquiétudes.
Des scientifiques chinois, qui ont analysé le génome de la souche qui a fait 17 morts et contaminé 1.500 personnes dans une dizaine de pays européens, ont noté qu'il contenait des gènes qui rendent la souche résistante à certaines classes d'antibiotiques.
"C'est une nouvelle souche bactérienne hautement infectieuse et toxique", ont déclaré ces scientifiques de l'Institut du génome de Pékin.
Dans un communiqué, ils ont précisé que cette bactérie était liée à une autre souche d'E. coli, l'EAEC 55989, qui a été précédemment isolée en Afrique centrale.
A l'Organisation mondiale de la santé (OMS), une porte-parole a fait savoir que la souche "n'avait jamais été observée dans une situation épidémique auparavant".
Le docteur Robert Tauxe du centre américain de prévention et de contrôle des maladies a estimé que la souche était probablement l'une des plus meurtrières jamais recensée. "Nous ne comprenons pas pourquoi elle est si résistante", a-t-il déclaré, estimant qu'il n'y avait aucun signe attestant que les antibiotiques puissent être efficaces.
Les experts de l'Union européenne disent avoir été surpris par l'ampleur de l'épidémie, qui a atteint les Etats-Unis avec trois cas signalés. Tous les malades habitent en Allemagne ou reviennent d'un séjour dans ce pays.
MOSCOU INTERDIT LES IMPORTATIONS
Face à l'épidémie, la Russie a interdit jeudi l'importation de légumes frais en provenance de l'Union européenne, provoquant une vive réaction de Bruxelles.
Moscou avait déjà interdit les importations de légumes en provenance d'Allemagne et d'Espagne pour échapper à l'épidémie, que les autorités de Hambourg, épicentre de la crise, ont imputée à des concombres espagnols avant que Berlin ne démente.
Cité par l'agence de presse Interfax, Guennadi Onichtchenko, directeur de l'agence russe de défense des consommateurs, a indiqué que l'interdiction avait pris effet jeudi matin.
"Ce qui se passe dans l'Union européenne depuis un mois n'arrive même pas dans les pays africains", a déclaré Onichtchenko, avant d'ajouter que "la législation sanitaire européenne tant louée (...) ne marche pas".
"Nous voulons des explications. S'ils nous disent demain que la crise est réglée, que l'origine de la maladie est connue et que, par exemple, c'est la salade qui est en cause, alors nous interdirons les importations de salade et autoriserons tout le reste", a-t-il poursuivi.
Un porte-parole de la Commission européenne a répondu que le commissaire à la Santé John Dalli enverrait "une lettre aux autorités russes dans les heures qui viennent pour dire que c'(était) disproportionné".
La Pologne, qui est avec l'Allemagne et la France l'un des premiers pays exportateurs de fruits et légumes vers la Russie, a estimé que la réaction de Moscou était "excessive étant donné le risque".
"Mais nous devons aussi admettre qu'il nous a fallu trop de temps en Europe pour savoir ce qu'il se passait", a indiqué le ministre polonais de l'Agriculture, Marek Sawicki, lors d'une conférence de presse à Varsovie.
DÉDOMMAGEMENTS
Pointée du doigt dans un premier temps par l'Allemagne avant que ses concombres ne soient mis hors de cause, l'Espagne a demandé des dédommagements pour le préjudice subi par les producteurs de fruits et légumes qui évaluent les pertes à environ 200 millions d'euros par semaine. Selon Madrid, 70.000 emplois sont menacés par les répercussions de la psychose sur les concombres espagnols.
Lors d'une discussion téléphonique avec son homologue espagnol José Luis Rodriguez Zapatero, la chancelière allemande Angela Merkel a dit regretter les conséquences subies par les cultivateurs espagnols de légumes. Elle a ajouté qu'elle rechercherait une solution conforme au droit européen, selon un communiqué.
L'Institut Robert Koch (RKI), établissement de référence en Allemagne pour la santé publique, a indiqué jeudi que la source exacte de la maladie ne serait peut-être jamais découverte.
Les experts de la santé recommandent aux personnes vivant en Allemagne ou y voyageant d'éviter de consommer des tomates, des concombres ou des salades crus.
"Toute personne revenant d'Allemagne avec une maladie, dont une diarrhée sanglante, doit faire l'objet de toute urgence d'une attention médicale", a indiqué l'agence nationale britannique de protection de la santé.
Selon l'OMS, des cas ont été détectés en Autriche, au Danemark, en France, aux Pays-Bas, en Norvège, en Espagne, en Suède, en Suisse et en Grande-Bretagne.
Avec Eric Kelsey à Berlin et Foo Yun Chee à Bruxelles; Jean-Philippe Lefief, Clément Guillou, Jean-Stéphane Brosse, Marine Pennetier et Benjamin Massot pour le service français

jeudi 2 juin 2011

Innovation : une alternative terrestre au traitement aérien des bananiers

Le traitement aérien est communément utilisé à travers le monde dans la production de bananes. C’est en effet le seul moyen efficace pour contrôler les cercosporioses noire et jaune, des champignons microscopiques qui attaquent le dessus des feuilles des bananiers. En Guadeloupe et Martinique, la filière Banane s’engage aujourd’hui à la fois dans l’amélioration du traitement aérien mais aussi dans la recherche de solutions alternatives.

LA TECHNIQUE DE TRAITEMENT AÉRIEN A ETE OPTIMISÉE

Même si la technique est maîtrisée, les producteurs ont amélioré la précision du traitement aérien dans un souci de meilleur respect de la population et de l’environnement :
- Équipement des avions et hélicoptères du système de pulvérisation nouvelle génération, qui comporte des rampes plus courtes pour éviter les turbulences de bouts d’aile et des nouvelles buses à aspiration d’air dites « anti-dérives ».
- Installation d’informatique embarquée avec GPS dans tous les aéronefs pour un ciblage précis des zones à traiter avec coupure automatique si le pilote pulvérise à moins de 50 mètres des maisons ou de points d’eau.
- Mise en place d’un système de traçabilité automatique à disposition de l’administration qui enregistre précisément le plan de vol et les zones traitées.

DES SOLUTIONS TERRESTRES ALTERNATIVES DANS UN FUTUR PROCHE

Via le projet OPTIBAN*, l’UGPBAN et le CEMAGREF** se sont unis pour trouver des solutions alternatives efficaces.
Après presque 3 ans de recherche et développement en collaboration avec le Ministère de l’Agriculture, un système de pulvérisation terrestre, le Landtamer a pu voir le jour. 



Ce système breveté permet une bonne répartition de l’huile de traitement, sans augmenter les quantités utilisées par voie aérienne soit 15 L par hectare. Il présente également une dérive parfaitement maîtrisée. L'ouvrier qui pilote l’engin est équipé de protections individuelles
adaptées afin de le protéger de tout brouillard de pulvérisation et d’éventuelles éclaboussures.
L’engin porteur du système de pulvérisation, acheté aux Etats-Unis, n’a en revanche pas donné satisfaction dans toutes les conditions que nous connaissons aux Antilles : fortes pentes, sols « gras », etc... Dans la mesure où il n’existe aucune machine adéquate sur le marché, quelques années seront nécessaires pour optimiser l’engin porteur. Grâce à ces initiatives, des solutions alternatives adaptées à toutes les plantations devraient voir le jour.

* OPTIBAN : Optimisation des traitements phytosanitaires contre la cercosporiose de la banane aux Antilles
** CEMAGREF : Institut de recherche en sciences et technologies pour l’environnement


TOUJOURS MOINS DE PRODUITS PHYTOSANITAIRES POUR LA BANANE DE GUADELOUPE & MARTINIQUE
Depuis maintenant plus de 10 ans, la Banane de Guadeloupe & Martiniquetravaille à la valorisation et à la protection de la Terre des Antilles. La mise en place de nouvelles pratiques culturales a d’ores et déjà permis de diminuer l’utilisation des pesticides de plus de 70% dans le cadre du « Plan Banane Durable ». La lutte contre les cercosporioses jaune et noire, champignons redoutés entraînant des baisses de rendements importantes voire la mort des bananiers, est une des priorités des planteurs. La recherche s’oriente également vers l’utilisation de produits naturels comme des stimulateurs de défense naturelle (SDN).

Pour en savoir plus sur la filière Banane de Guadeloupe & Martinique :
http://www.bananedurable.com
http://www.bananeguadeloupemartinique.com

En Haïti, le choléra fait toujours rage


Au moins dix personnes sont décédées ces derniers jours en Haïti et un millier d'autres ont été hospitalisées. L'épidémie de choléra progresse encore.

Selon les autorités sanitaires haïtiennes, l’épidémie de choléra progresse dans des communes au sud de Port-au-Prince. Au moins dix personnes sont décédées ces derniers jours et mille autres ont été hospitalisées.

Des responsables locaux ont évoqué dans les médias haïtiens un bilan plus élevé, environ une cinquantaine de morts. Mais ce chiffre n’a pu être confirmé par le ministère haïtien de la santé.

Recrudescence de l'épidémie

«Il s’agit d’une recrudescence du choléra causée par les eaux de ruissellement de la saison pluvieuse, mais aussi par un relâchement dans l’observation des règles d’hygiène. Nous allons prendre des mesures en vue de contrôler la situation», a assuré le directeur général du ministère haïtien de la Santé, le Dr Gabriel Timothée.

Il a annoncé l’ouverture de nouveaux centres de traitement du choléra (CTC) dans les localités où des malades ont été dénombrés.

Déjà plus de 5 000 morts

L’épidémie a déjà tué 5’332 personnes et 310’000 cas ont été diagnostiqués depuis l’apparition du fléau fin 2010. Au plus fort de l’épidémie, plusieurs dizaines de décès étaient enregistrés par jour.

Une étude parue dans la revue scientifique britannique «The Lancet» indiquait que 800’000 personnes risquaient d’être affectées par le choléra en 2011 en Haiti.

Haïti-Rép. Dominicaine/Choléra : Résurgence de l’épidémie sur l’Ile

Les autorités sanitaires de la République d’Haïti et de la République Dominicaine font état de la résurgence de l’épidémie de choléra dans certaines parties des deux pays, au moment où ll’ile fait face à une saison pluvieuse doublée de la période cyclonique.

Des poussées reprennent dans plusieurs régions du pays, notamment à Carrefour (périphérie sud de la capitale), où les autorités sanitaires confirment 10 morts alors que d’autres sources faisaient état de plusieurs dizaines.

Le Docteur Gabriel Timothée, directeur général du ministère haïtien de la santé publique, affirme que cette situation est liée à 3 facteurs : la saison pluvieuse, la saison des mangues et la fermeture de plusieurs centres de traitement de choléra (Ctc).

La pluie favorise la contamination des rivières avec les déversements de déchets, ajoute Timothée.

Le ministère annonce des mesures comme la réouverture des Ctc, la distribution de chlore dans tout le pays et la réactivation du centre d’appel *300, en vue de la réduction du nombre de victimes.

Selon le bilan officiel actualisé en mai dernier, l’épidémie - qui sévit dans le pays depuis octobre 2010 - a déjà fait plus de 5,200 morts, tandis que plus de 302,000 personnes ont été contaminées.

Le ministre dominicain de la santé publique, Bautista Rojas Gomez, a également annoncé des mesures drastiques, dont l’ouverture de nouveaux laboratoires pour les tests de choléra, en vue de freiner l’épidémie.

Le président de l’Association médicale dominicaine, le Docteur Senen Caba, qui juge très grave la situation, estime que plus de 5 mille personnes sont contaminées sur le territoire voisin d’Haïti.

Jusqu’à présent, les autorités ont confirmé 23 décès et 1,288 personnes contaminées.

La carte de la maladie indique que les régions de Santiago (Nord), Santo Domingo (la capitale) et Elías Piña (Sud), sont les plus touchées depuis l’identification du premier cas en novembre 2010.