mercredi 7 janvier 2015

Noel en Ethiopie


Aujourd'hui les Éthiopiens qui suivent le calendrier Julien  fêtent Noël...

Pour en savoir un peu plus sur ce Noël visitez Noëlistique :

jeudi 13 décembre 2012

Une crise alimentaire menace Haïti dans la foulée de Sandy


Les Haïtiens ont largement souffert de la faim dans la foulée d'une saison des tempêtes particulièrement active, et la situation risque de se prolonger, affirme une nouvelle étude rendue publique vendredi.
L'étude, soutenue par un groupe de réflexion brésilien, montre que les régions rurales des départements du Nord, de l'Ouest et de Grand'Anse ont subi « des pénuries de nourriture graves » après la tempête Sandy, alors un ouragan, et une autre, sans nom, qui a suivi. Les deux tempêtes ont frôlé Haïti en octobre et en novembre, causant de graves inondations et tuant 66 personnes.
Près de 70 % des quelque 1000 ménages interrogés ont déclaré avoir souffert de la faim de façon modérée ou sévère, selon l'étude, intitulée « Après la tempête : l'arrivée de la crise alimentaire en Haïti ».
L'étude a été réalisée par Athena Kolbe, Marie Puccio et Robert Muggah, des spécialistes des sciences sociales qui travaillent régulièrement en Haïti. L'étude fait écho aux avertissements de l'ONU, qui avait prévenu que plus de 1,5 million d'Haïtiens risquaient de souffrir de malnutrition après la perte de leurs récoltes dans la tempête.
Jusqu'à 90 % des récoltes de la saison ont été détruites par Sandy, principalement dans le sud du pays, selon les Nations unies.
« En considérant tous les facteurs, nous nous attendons à constater une insécurité alimentaire dans six mois », a déclaré Mme Kolbe, candidate au doctorat en travail social et en science politique à l'université du Michigan, aux États-Unis. « Il y aura beaucoup de régions où il n'y aura pas beaucoup de nourriture, et nous savons ce qui se passe quand il n'y a pas beaucoup de nourriture. »
« C'est assez peu réjouissant », a-t-elle ajouté.
Crainte
Athena Kolbe et les travailleurs humanitaires craignent qu'Haïti assiste à une répétition de ce qui s'est passé en 2008. Cette année-là, la hausse du prix des aliments avait provoqué une semaine d'émeutes meurtrières ayant mené au renvoi du premier ministre et de son cabinet.
L'étude, appuyée par l'institut Igarape, un groupe de réflexion sans but lucratif de Rio de Janeiro, a été menée auprès de 1355 ménages, avec un taux de réponse de 84,7 %. Les sondages ont été menés immédiatement après le passage de Sandy et de l'autre tempête qui a suivi.
L'étude a notamment permis d'apprendre que les résidents des régions rurales ont rapporté « l'absence complète » des services municipaux dans la semaine ayant suivi le passage de Sandy. Cela signifie donc qu'ils n'ont eu aucun contact avec la police ou des représentants du gouvernement et qu'aucune autorité ne les a aidés à déplacer les débris.
Le fonds créé par les deux anciens présidents américains George W. Bush et Bill Clinton après le séisme dévastateur en Haïti, il y a près de trois ans, cessera ses activités à la fin du mois.
L'organisme fermera le 31 décembre, car il aura dépensé la totalité des 54,4 millions de dollars récoltés auprès d'entreprises, d'organisations et d'individus.

Associated Press

jeudi 11 octobre 2012

Les frênes disparaissent en Europe



L’Europe est en proie à un nouveau mal écologique. Les frênes sont en voie de disparition. Les arbres sont victimes d'une épidémie causée par un insecte ayant affecté précédemment le continent américain.

Le phénomène a pris une ampleur sans précédent. 90 % des frênes ont déjà disparus au Danemark. Les autorités britanniques interdisent l’importation de plants depuis le continent. Les arbres infectés sont abattus et brûlés. Les Scandinaves ressentent douloureusement la disparition de cet arbre. Le frêne symbolise l’axe de la paix. La lance du personnage légendaire Odin était taillée dans du frêne. 70 à 80% des frênes sont desséchés dans la partie européenne de la Russie à cause de l’invasion depuis l’Asie ou l’Amérique du Nord d’un petit insecte : l’agrile émeraude, explique le président du Conseil du programme « Fonds de renaissance des forêts » Vladimir Zakharov :
« N’ayant pas d’ennemis naturels, ces insectes envahissent rapidement de vastes territoires. Les centres d’étude examinent ce problème. Notre Université des forêts et l'Agence russe de protection des forêts (Rosleszachtchita) procèdent à un monitoring de l'épidémie. Les frênes disparaissent totalement des allées de certains quartiers de Moscou. C’est une réelle catastrophe. On ne saurait que regretter la disparition de cet arbre haut de 50 mètres dont le bois est comparable à celui du chêne ».

Beaucoup de forêts de frênes sont endommagées en Europe suite à l’invasion de l’agrile verte alors qu’en Russie c’est le problème local des grandes villes, dit le chef des programmes forestiers de Greenpeace Alexei Yarochenko :
« Les scientifiques sont en quête d’instruments de lutte. Or, il est difficile d’éviter le traitement chimique. On ne sait pas pour le moment comment enrayer l’épidémie ».

Les Etats-Unis qui se sont heurtés avant les autres à ce problème écologique ont inventé leurs méthodes de lutte contre l’épidémie. L’invasion de l’agrile verte a commencé il y a vingt ans. Des millions de frênes ont disparu depuis. Les chercheurs de cinq Universités américaines ont élaboré un programme spécial de sauvetage des arbres financé par l’Etat. 

Mikhaïl Aristov

mardi 31 juillet 2012

Réaction d’Oxfam France à propos de la crise alimentaire au Sahel et de la visite de Laurent Fabius en Afrique de l’Ouest



Sébastien Fourmy, directeur du plaidoyer d’Oxfam France, a déclaré :
« Laurent Fabius a bouclé sa tournée en Afrique de l’Ouest sans faire de déclaration publique sur le niveau d’aide publique que la France compte dédier à la crise alimentaire au Sahel. Oxfam France regrette fortement qu’aucune annonce n’ait été faite en ce sens lors du déplacement du ministre des Affaires étrangères, alors que cette crise est à son plus haut niveau dans cette région où 18 millions de personnes sont en état d’insécurité alimentaire. »
« L’ONU considère qu’il faut réunir 1,6 milliard de dollars pour répondre à la crise alimentaire au Sahel. Selon les calculs d’Oxfam, la France devrait allouer près de 94,3 millions de dollars à cette crise. Jusqu’ici, elle n’a financé l’aide aux populations du Sahel touchées par la crise alimentaire qu’à hauteur de 31,2 millions de dollars. Cela impliquerait que la France double dès à présent son aide d’urgence à la région. »
«Au-delà de l’aide d’urgence, la France devrait déjà s’atteler au financement de la lutte contre les causes structurelles de l’insécurité alimentaire au Sahel. Cela doit passer par un investissement durable dans les agricultures paysannes et leur adaptation au changement climatique. »

mardi 20 mars 2012

Haiti : La médecine traditionnelle, premier recours des patients

Extrait de l’allocution du vice-recteur à la recherche de l’Université d’État d’Haiti (UEH), Fritz Deshommes, à l’occasion d’un symposium sur la médecine traditionnelle haïtienne tenue la semaine dernière à l’initiative du Ministère de la santé

Document soumis à AlterPresse le 15 mars 2012

(..) A travers le monde, la Médecine Traditionnelle fait l’objet d’un usage et d’un intérêt accrus.

Dans les pays en voie de développement, en Amérique Latine, en Asie, en Afrique, elle est la plus usitée, la plus accessible et la plus abordable. Parce qu’elle est beaucoup plus disponible, parce qu’elle est beaucoup moins chère et parce qu’elle inspire une très grande confiance. Souvent, le rapport entre le nombre de médecins et infirmiers conventionnels et celui des tradipraticiens est de 1 à 100. En moyenne la médecine traditionnelle coute dix fois moins que la médecine conventionnelle.

Dans un pays comme l’Inde par exemple, pour plus de 60% de la population la médecine traditionnelle constitue la seule source de soins de sante disponible.

Nous savons que le tableau n’est pas différent en Haïti. Des études ont déjà démontré que dans notre pays la médecine traditionnelle constitue le premier recours des patients ; que, dans la plupart de nos régions, elle est la seule accessible ; que, la quantité de ressources humaines disponibles dans ce secteur dépasse de loin celle de nos médecins et infirmiers. Et que c’est elle qui prend en charge plus de la moitie d’entre nous a notre naissance.

Mais il n’y a pas que les pays sous-développés. Dans le monde industrialisé, la médecine traditionnelle, appelée médecine complémentaire ou médecine alternative, fait l’objet d’une reconnaissance sans précédent. Aux Etats-Unis, au Canada, en Finlande, dans l’Union Européenne, de plus en plus de patients s’y référent. Et cela pour plusieurs raisons :

Ils veulent éviter les effets nocifs des médicaments conventionnels ;

Ils estiment que la médecine alternative fait montre d’un potentiel curatif plus élevé dans le traitement des maladies débilitantes comme le SIDA, le diabète et l’hypertension ;

Ils remettent en cause certaines démarches de la médecine conventionnelle et se sentent plus attires par la souplesse, la diversité, le caractère holistique des médecines alternatives.

Aux Etats-Unis par exemple, 40% des patients sont des utilisateurs réguliers de la médecine traditionnelle. Et 78% des patients atteints de SIDA en font un usage systématique.

On comprend pourquoi de plus en plus de pays mettent sur pied des instituts nationaux de recherche sur la médecine traditionnelle, et des instances de réglementation. Les universités les plus prestigieuses et les hôpitaux les plus réputés lui consacrent d’importantes investigations. Par exemple, la Clinique Mayo des Etats-Unis, considérée comme le plus grand centre mondial de chirurgie cardiaque, fait de la medecine complementaire l’un de ses meilleurs atouts. Aux Etats Unis même, on retrouve notamment le Bureau National pour la Médecine Alternative, la Commission de la Maison Blanche pour la Médecine Alternative, le Centre National pour la Médecine Alternative et Complémentaire entre autres organismes fédéraux.

De sorte que, dans notre pays, il est venu le temps :

D’assumer et de prendre en charge notre médecine traditionnelle ;

De reconnaitre son apport inestimable à la production et à la préservation de la sante ;

De considérer ses tenants – des guérisseurs aux machann feuilles, des sages-femmes au grandet familiaux – comme de véritables professionnels dans leur domaine ;

De comptabiliser parmi nos richesses ces plantes, herbes, minéraux, ces thérapies spirituelles dont les vertus contribuent chaque jour à la santé générale de notre population ;

De nous découvrir devant ces savoirs, ces pratiques, ces méthodes, ces techniques, ces croyances qui diagnostiquent, préviennent, soignent les maladies physiques et mentales.

Il est temps d’investiguer, de collecter, d’analyser, de comprendre, de réglementer, de trier le bon grain de l’ivraie, d’identifier les bonnes pratiques, de les codifier, de les valoriser, de les promouvoir, mais aussi de décourager les mauvaises pratiques, de prévenir l’amateurisme, de se prémunir contre le charlatanisme.

Il est temps de regarder notre médecine traditionnelle avec des yeux, plus conciliants, plus tolérants, plus ouverts, mais aussi plus vigilants, plus conscients, plus critiques et de la soumettre à la rigueur scientifique ;

Il est temps de nous engager sur cette voie qu’empruntent de plus en plus de pays dans le monde et qui conduit à l’intégration harmonieuse des deux médecines, de ces deux visions du corps humain, ces deux regards sur la vie, sur la santé et la maladie mais aussi des deux sociétés ; de ces deux mondes, qui finalement pourront se reconnaitre, s’accommoder et s’enrichir mutuellement.

Il est temps de nous rappeler qu’en plus de sa valeur thérapeutique, notre médecine traditionnelle peut constituer un levier pour la croissance économique, le développement social, l’enrichissement scientifique et – qui sait- pour une contribution substantielle de notre pays à l’augmentation du stock de connaissances de l’humanité, a l’instar des médecines chinoise, indienne, arabe et africaine.

C’est dans cette perspective que, depuis quelque temps, l’UEH retient la valorisation des savoirs locaux et de la médecine traditionnelle haïtienne comme thèmes privilégiés de recherche. Vous aurez l’occasion au cours de ce symposium de faire connaissance avec les travaux déjà réalisés en ce sens, soit à travers l’exposition de travaux de sortie d’étudiants de licence et de master et d’ouvrages publiés par ses chercheurs, soit a travers des présentations de ses représentants.

L’UEH est prête à participer avec le Ministère de la Santé Publique et de la Population et tous les partenaires intéressés, à ce grand konbit de valorisation de notre médecine traditionnelle.

Elle est disponible pour intensifier les recherches en ce domaine, pour contribuer à la définition de politiques publiques, à la mise en place de la règlementation appropriée, à l’amélioration de la formation des tradipraticiens, à l’identification et à la diffusion des meilleures pratiques et à leur intégration dans un cursus académique et à la prise en compte des questions de propriété intellectuelle, entre autres.