Tu es jeune ou tu es vieux, tu es un homme ou une femme, tu veux assainir le paysage politique français, fais un geste de salubrité pour ton pays, signe la pétition et n'oublie pas de la faire signer par ta famille.
PETITION
Production, famines, crises alimentaires dans le monde, épidémies et les problèmes de santé publique sur les populations.
lundi 14 septembre 2009
lundi 7 septembre 2009
«Il faut relever le défi de la sécurité alimentaire»

Ce processus, selon le président Bouteflika, est déjà entamé, et ce, à travers «des mesures arrêtées en février dernier au bénéfice de ce secteur, qu’il s’agisse de l’effacement de la dette des agriculteurs et éleveurs» pour plus de 40 milliards de dinars ou qu’il s’agisse de multiples encouragements à la production agricole et à l’élevage, d’un coût annuel de 200 milliards de dinars. Les bons résultats des moissons de cette année, selon le chef de l’Etat, «nous encouragent à poursuivre dans cette voie et à apporter tout le soutien public requis notamment aux productions stratégiques telles que les céréales, le lait, et les viandes», notant que «les conditions sont réunies pour engager un développement structurel à même d’asseoir les fondements d’une croissance agricole soutenue et un développement durable du monde rural». Profitant de l’occasion, le président de la République n’a pas manqué d’instruire le premier responsable du secteur de l’agriculture et du développement rural sur «la nécessaire et totale mobilisation des compétences des universités pour mettre leur savoir-faire au service du développement de l’agriculture». En effet, pour le Président, «le développement ne peut être durable que s’il touche toutes les zones sans exclusion», en insistant sur l’intérêt qu’il convient d’accorder à la formation et à l’implication des jeunes dans les économies du développement durable. «C’est en changeant l’image du monde rural, en développant les techniques et les technologies modernes et en assurant une formation continue que les jeunes s’impliqueront davantage dans le monde rural, participeront à son développement et l’apprécieront comme étant synonyme de progrès, d’avenir et de potentialités à découvrir et à valoriser», a-t-il fait savoir. Le chef de l’Etat a, par la même occasion, instruit le gouvernement à consolider un ensemble de mesures destinées à concourir au renouveau agricole, notamment, par la finalisation du dispositif juridique encadrant l’exploitation des terres du domaine privé de l’Etat, avec la loi sur la concession agricole. «Ce texte devra compléter la loi d’orientation agricole, stabiliser l’exploitation du foncier agricole propriété de l’Etat, et sécuriser l’agriculteur dans le cadre d’une concession claire», a-t-il indiqué. Le président de la République a également appelé au renforcement des espaces de concertation et de coordination avec les agriculteurs et les éleveurs, notamment dans le cadre des chambres régionales et nationale de l’agriculture et les autres partenaires sociaux. Pour clore son intervention, le chef de l’état a appelé à la dynamisation de la formation dans les filières agricoles, afin de mieux encadrer les travailleurs de la terre et les éleveurs, moderniser leurs techniques agraires et pastorales, économiser l’eau, et augmenter les rendements. Pour le président Bouteflika, «en offrant des opportunités de création de revenus et d’emplois, le programme de renouveau rural vient compléter les importants efforts investis par l’Etat dans les différents segments du développement humain à travers le monde rural, qu’il s’agisse de la santé, de l’éducation, du logement, ou de l’accès à l’énergie, autant d’efforts qui vont dans le sens d’une réduction sensible de l’exode rural vers les villes». Synthèse Raouf Az.
08-09-2009
Synthèse Raouf Az.
mardi 11 août 2009
Afrique : trop chers, les produits alimentaires restent dans les rayons

Les Africains des régions urbaines sont de plus en plus nombreux à rencontrer des difficultés grandissantes à se nourrir, a averti la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA). « Certains pays d’Afrique sont toujours aux prises avec la crise et les pénuries alimentaires », selon Adam Elhiraika, économiste au sein de la CEA. « On voit qu’il y a [une] crise lorsqu’on n’a pas assez de revenus pour acheter les vivres dont on a besoin ».
« On a moins de pouvoir d’achat. On a encore aussi des pénuries alimentaires car nombre de pays d’Afrique ne sont pas en mesure de répondre à la demande », a expliqué à IRIN M. Elhiraika, coordinateur de l’équipe qui a rédigé l’édition 2009 du rapport économique de la CEA sur l’Afrique, à Addis-Abeba.
Publie le 28 mai, ce rapport, préparé par la CEA de concert avec l’Union africaine, est une évaluation de la performance économique du continent en 2008. Il aborde également les perspectives pour 2009.
« Dans de nombreux pays, les populations urbaines voient des produits alimentaires dans les rayons des magasins, mais elles n’ont pas les moyens d’en acheter », pouvait-on lire dans le rapport. Citant l’exemple du Liberia et de la Guinée, les auteurs ont également expliqué que les gouvernements de ces pays luttaient pour importer assez de vivres pour nourrir leurs populations.
« A Djibouti, les éleveurs sont en train de découvrir que la vente de leur bétail, moyen de subsistance essentiel, ne leur permet d’acheter que peu de céréales sur le marché, tandis qu’au Mozambique et en Ouganda, les agriculteurs des régions rurales n’ont guère les moyens d’acheter les semences et les engrais dont ils ont besoin pour cultiver les vivres de leurs familles, et encore moins pour tirer parti du prix élevé des vivres en dégageant des profits », selon le rapport.
En Afrique, le prix des denrées alimentaires risque d’augmenter au cours des 10 prochaines années, bien qu’une baisse soit prévue en 2009 et 2010, à mesure que la hausse des prix provoquée par la récession mondiale influera sur l’offre et la demande.
« L’Afrique est une des régions les plus touchées par la hausse du prix des vivres », a noté la CEA. « Les prix des vivres ont culminé en juin 2008, avant de diminuer de plus de 50 pour cent, en moyenne, au cours de la deuxième moitié de l’année. A la fin de l’année 2008, ils se trouvaient au même niveau qu’en 2005, tout en restant bien plus élevés qu’en 2000 ».
D’après le rapport, la baisse des prix pratiqués sur le marché mondial s’est lentement répercutée sur les prix pratiqués à l’échelle nationale, dans bon nombre de pays en voie de développement.
« Il y a tout de même des pénuries alimentaires dans beaucoup de pays d’Afrique en raison de la sécheresse et des conflits », a indiqué M. Elhiraika.
Pour pouvoir éviter les conséquences de la crise, les populations d’un grand nombre de pays, notamment les pays d’Afrique de l’Est, ont besoin de recevoir une aide d’urgence.
« La crise alimentaire récente et la famine qui semble imminente menacent la stabilité politique et sociale, en particulier en Afrique de l’Est et de l’Ouest, et dans les pays en situation de conflit », ont averti les auteurs du rapport.
Selon l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), les prix des vivres demeurent élevés dans bon nombre de pays en voie de développement et l’accès des populations pauvres aux vivres reste menacé par la perte d’emploi et de revenus, ainsi que d’autres conséquences de la crise économique mondiale.
Toutefois, dans l’édition du 4 juin de Perspectives de l’alimentation, la FAO a noté que l’approvisionnement mondial en vivres paraissait moins vulnérable aux chocs que pendant la crise alimentaire de 2008.
« En dépit de la hausse considérable observée ces dernières semaines, les prix internationaux d’une majorité de produits agricoles ont baissé en 2009 par rapport aux sommets atteints en 2008, signe qu’un grand nombre de marchés sont en train de retrouver lentement leur équilibre », pouvait-on lire dans le bulletin.
L’amélioration a été observée, en grande partie, dans le domaine de la production céréalière (secteur critique pour la sécurité alimentaire), la production record de 2008 ayant dépassé les prévisions initiales. Cette récolte exceptionnelle a également facilité le réapprovisionnement des réserves mondiales, reconstituées au niveau où elles se trouvaient avant la crise.
IRIN, 22 juin 2009
mardi 24 février 2009
Crise alimentaire : des solutions existent, par Jacques Chirac
Afrique, Asie, Amérique latine, Caraïbes : la carte des "émeutes de la faim" s'étend chaque jour. Le monde est confronté au spectre des grandes famines alors même qu'il traverse une crise financière dangereuse. La cohésion, si délicate, de la communauté internationale est doublement menacée. Je le dis solennellement : cette conjonction des périls fait courir au monde un risque sans précédent.
Sans mesures d'urgence et de fond, nous assisterons à des émeutes de plus en plus violentes, à des mouvements migratoires de plus en plus incontrôlables, à des conflits de plus en plus meurtriers, à une instabilité politique croissante. Les ingrédients d'une crise majeure sont réunis et la situation peut se dégrader très vite.
Face à ce danger, la communauté internationale doit assumer ses responsabilités, toutes ses responsabilités, dans une totale coopération du Nord et du Sud.
Elle doit se mobiliser autour d'objectifs précis :
-- pour résoudre, d'abord, la question de l'urgence : le Conseil de sécurité de l'Organisation des nations unies, qui devrait se tenir au plus tôt sur la crise alimentaire mondiale, doit prendre toutes les mesures nécessaires pour éviter la déstabilisation des Etats les plus menacés.
L'Europe et les Etats-Unis ont enfin annoncé le déblocage d'une aide d'urgence au profit du Programme alimentaire mondial. Je ne doute pas que les autres grandes puissances, membres du G8, pays émergents et pays de l'OPEP qui tirent des rentes exceptionnelles de l'augmentation du prix du pétrole, auront à cœur de prendre toute leur part de cet effort immédiat de solidarité;
– pour résoudre, ensuite, les problèmes structurels : je plaide depuis longtemps pour aller plus loin que les seules mesures d'urgence conjoncturelles. C'est une véritable révolution des modes de pensée et d'action en matière de développement, notamment dans le domaine agricole, qui s'impose.
PARVENIR PARTOUT À L'AUTOSUFFISANCE ALIMENTAIRE
L'offre de produits alimentaires au niveau mondial est insuffisante.
Je n'ai jamais cessé de me battre contre le gel de la production en Europe et de promouvoir le développement agricole des pays pauvres.
Il nous faudra, demain, nourrir 9 milliards d'hommes. Tout le monde se rend compte, enfin, que l'humanité a besoin de la production de toutes ses terres agricoles. L'autosuffisance alimentaire est le premier des défis à relever pour les pays en développement. Des outils existent. Nous savons tous ce qu'il faut faire : infrastructures rurales, stockage, irrigation, transport, financement des récoltes, organisation des marchés, microcrédit, etc.
L'agriculture vivrière doit être réhabilitée. Elle doit être encouragée. Elle doit être protégée, n'ayons pas peur des mots, contre une concurrence débridée des produits d'importation qui déstabilisent l'économie de ces pays et découragent les producteurs locaux.
Pour relever ce défi, il est nécessaire d'investir à la fois dans la recherche – pour développer des productions et des variétés adaptées aux nouvelles donnes du changement climatique et de la raréfaction des ressources en eau –, et dans la formation et la diffusion des techniques agricoles.
Il faut miser sur les hommes, sur les producteurs locaux, qui doivent percevoir la juste rémunération de leurs efforts. Les échanges doivent obéir à des règles équitables, respectant à la fois le consommateur et le producteur. La libre circulation des produits ne peut pas se faire au détriment des producteurs les plus fragiles.
Apporter des financements innovants et stables au développement Les besoins d'investissement sont massifs et pour longtemps. Il est vital de maintenir l'effort d'aide publique au développement et de respecter l'objectif de 0,7 % du PIB.
Il est tout aussi vital de dégager des ressources additionnelles par des financements innovants. Que n'ai-je entendu quand j'ai milité, avec mon ami le Président Lula du Brésil, pour l'idée, pourtant évidente, que le financement du développement requiert des ressources pérennes !
La taxe sur les billets d'avion a permis en 2007 de dégager plusieurs centaines de millions d'euros en faveur de l'accès aux médicaments. C'est un succès. D'autres efforts d'imagination devraient permettre de dégager rapidement les ressources nécessaires pour faire face à la crise alimentaire.
Explorons par exemple, comme le suggère le président de la Banque mondiale, M. Robert Zoellick, dans le cadre de conversations avec les fonds souverains, comment orienter une partie de leurs moyens vers des investissements productifs en Afrique. Le prochain G8 pourrait utilement consacrer une séance de travail à l'examen de cette proposition.
La contribution des financements innovants au développement des pays les plus pauvres sera une des priorités de ma fondation. Ce n'est, certes, qu'un moyen mais ayons conscience que, face au caractère inédit de la crise que nous vivons, la communauté internationale n'a d'autres choix que celui de l'imagination et de la solidarité.
Jacques Chirac, Président de la Fondation Chirac
Sans mesures d'urgence et de fond, nous assisterons à des émeutes de plus en plus violentes, à des mouvements migratoires de plus en plus incontrôlables, à des conflits de plus en plus meurtriers, à une instabilité politique croissante. Les ingrédients d'une crise majeure sont réunis et la situation peut se dégrader très vite.
Face à ce danger, la communauté internationale doit assumer ses responsabilités, toutes ses responsabilités, dans une totale coopération du Nord et du Sud.
Elle doit se mobiliser autour d'objectifs précis :
-- pour résoudre, d'abord, la question de l'urgence : le Conseil de sécurité de l'Organisation des nations unies, qui devrait se tenir au plus tôt sur la crise alimentaire mondiale, doit prendre toutes les mesures nécessaires pour éviter la déstabilisation des Etats les plus menacés.
L'Europe et les Etats-Unis ont enfin annoncé le déblocage d'une aide d'urgence au profit du Programme alimentaire mondial. Je ne doute pas que les autres grandes puissances, membres du G8, pays émergents et pays de l'OPEP qui tirent des rentes exceptionnelles de l'augmentation du prix du pétrole, auront à cœur de prendre toute leur part de cet effort immédiat de solidarité;
– pour résoudre, ensuite, les problèmes structurels : je plaide depuis longtemps pour aller plus loin que les seules mesures d'urgence conjoncturelles. C'est une véritable révolution des modes de pensée et d'action en matière de développement, notamment dans le domaine agricole, qui s'impose.
PARVENIR PARTOUT À L'AUTOSUFFISANCE ALIMENTAIRE
L'offre de produits alimentaires au niveau mondial est insuffisante.
Je n'ai jamais cessé de me battre contre le gel de la production en Europe et de promouvoir le développement agricole des pays pauvres.
Il nous faudra, demain, nourrir 9 milliards d'hommes. Tout le monde se rend compte, enfin, que l'humanité a besoin de la production de toutes ses terres agricoles. L'autosuffisance alimentaire est le premier des défis à relever pour les pays en développement. Des outils existent. Nous savons tous ce qu'il faut faire : infrastructures rurales, stockage, irrigation, transport, financement des récoltes, organisation des marchés, microcrédit, etc.
L'agriculture vivrière doit être réhabilitée. Elle doit être encouragée. Elle doit être protégée, n'ayons pas peur des mots, contre une concurrence débridée des produits d'importation qui déstabilisent l'économie de ces pays et découragent les producteurs locaux.
Pour relever ce défi, il est nécessaire d'investir à la fois dans la recherche – pour développer des productions et des variétés adaptées aux nouvelles donnes du changement climatique et de la raréfaction des ressources en eau –, et dans la formation et la diffusion des techniques agricoles.
Il faut miser sur les hommes, sur les producteurs locaux, qui doivent percevoir la juste rémunération de leurs efforts. Les échanges doivent obéir à des règles équitables, respectant à la fois le consommateur et le producteur. La libre circulation des produits ne peut pas se faire au détriment des producteurs les plus fragiles.
Apporter des financements innovants et stables au développement Les besoins d'investissement sont massifs et pour longtemps. Il est vital de maintenir l'effort d'aide publique au développement et de respecter l'objectif de 0,7 % du PIB.
Il est tout aussi vital de dégager des ressources additionnelles par des financements innovants. Que n'ai-je entendu quand j'ai milité, avec mon ami le Président Lula du Brésil, pour l'idée, pourtant évidente, que le financement du développement requiert des ressources pérennes !
La taxe sur les billets d'avion a permis en 2007 de dégager plusieurs centaines de millions d'euros en faveur de l'accès aux médicaments. C'est un succès. D'autres efforts d'imagination devraient permettre de dégager rapidement les ressources nécessaires pour faire face à la crise alimentaire.
Explorons par exemple, comme le suggère le président de la Banque mondiale, M. Robert Zoellick, dans le cadre de conversations avec les fonds souverains, comment orienter une partie de leurs moyens vers des investissements productifs en Afrique. Le prochain G8 pourrait utilement consacrer une séance de travail à l'examen de cette proposition.
La contribution des financements innovants au développement des pays les plus pauvres sera une des priorités de ma fondation. Ce n'est, certes, qu'un moyen mais ayons conscience que, face au caractère inédit de la crise que nous vivons, la communauté internationale n'a d'autres choix que celui de l'imagination et de la solidarité.
Jacques Chirac, Président de la Fondation Chirac
dimanche 15 février 2009
Comment abattre « le mur de la faim » dans le monde ?
La gravité de la crise alimentaire mondiale est sans précédent et réclame des mesures d'urgence. Près d'un milliard d'êtres humains sont aujourd'hui tenaillés par la famine. En invitant à Madrid à la fin janvier les dirigeants de la planète pour un sommet en partenariat avec l'ONU sur la sécurité alimentaire, l'Espagne a pris un rôle de leader dans le combat contre la faim dans le monde. Plusieurs gouvernements donateurs proposent de mettre en commun leurs contributions financières pour aider les agriculteurs les plus démunis à produire davantage et à sortir ainsi de la pauvreté.
Ces contributions peuvent produire des effets remarquables. En Afrique, en Haïti et dans d'autres régions pauvres, les cultivateurs doivent ensemencer sans l'aide actuellement ni d'engrais ni de semences à rendement élevé. Conséquence, un cultivateur en Afrique produit une tonne de céréales par hectare, contre plus de quatre en Chine.
Avec une aide financière internationale, les agriculteurs en Afrique pourraient enfin acquérir des engrais pour augmenter leur rendement et vendre avec des plus-values leur production. Ce qui leur permettrait d'épargner afin de devenir solvable ou d'acquérir par eux-mêmes après plusieurs années des produits fertilisants nécessaires.
Aujourd'hui, il existe dans le monde un très large consensus sur la nécessité et l'extrême urgence d'augmenter les financements pour les petites exploitations agricoles (deux hectares ou moins) et pour les éleveurs pauvres. En 2008, le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, avait estimé le besoin de financement à 8 milliards de dollars environ par an, soit près de quatre fois les montants actuels, pour financer particulièrement les semences enrichies, les engrais, les systèmes d'irrigation, et la formation agricole. En outre, les pays donateurs devraient accorder plus d'aides à la recherche et au développement.
Ce sont des centres de recherche comme l'International Rice Research Institute et l'International Maize and Wheat Improvement Centre qui ont contribué à lancer la « révolution verte » en Asie du Sud-Est.
Des dizaines de pays à faible revenu et souffrant d'un déficit alimentaire ont élaboré, pour augmenter la production alimentaire des petits exploitants, des programmes d'urgence qui sont actuellement bloqués par le manque de dons. En dépit d'un effort courageux de la Banque mondiale en 2008 à travers son Programme d'intervention en réponse à la crise alimentaire mondiale (GFRP), les financements pour subvenir aux besoins urgents de ces pays sont encore insuffisants.
A titre individuel, de nombreux pays donateurs ont déclaré qu'ils sont maintenant prêts à augmenter leur aide financière en direction des petites exploitations agricoles, mais qu'ils sont à la recherche de mécanismes adéquats pour passer à l'action. Les structures d'aide actuelles ne conviennent pas. La vingtaine, ou plus, d'agences bilatérales ou multilatérales en faveur de l'agriculture sont très fragmentées et de taille insuffisante, individuellement et collectivement.
Malgré les efforts généreux de nombreux professionnels, la réponse à la crise alimentaire demeure totalement inadéquate. Les pays africains sont sans cesse, et souvent en vain, à la recherche de petites sommes nécessaires à l'achat d'engrais et de semences enrichies.
Membres d'un comité consultatif pour l'initiative espagnole, mes collègues et moi-même avons préconisé la création d'un compte unique international. Ce mécanisme, le Financial Coordination Mechanism (FCM), permettrait aux pays donateurs de centraliser leurs fonds. Ces fonds réunis permettraient aux exploitants des pays pauvres de se procurer l'engrais, les variétés de semences enrichies et les systèmes d'irrigation à petite échelle qui leur font cruellement défaut.
Les pays pauvres auraient ainsi accès à un financement rapide et anticipé émanant de ce compte unique, plutôt que de dizaines de donateurs distincts et cloisonnés. En regroupant les ressources financières en un FCM unique, les coûts de gestion des programmes d'aide pourraient être réduits au minimum, la disponibilité des flux serait assurée, et les pays pauvres n'auraient pas à poser 25 demandes pour recevoir de l'aide.
Il faut rompre avec nos habitudes. Les donateurs ont promis que l'aide à l'Afrique serait multipliée par deux d'ici à 2010, mais on est loin du compte. Il nous faut faire une percée incontestable. A la fin du mois de janvier, lorsque pays riches et pays pauvres se pencheront ensemble sur les solutions face à la crise alimentaire, Madrid pourrait s'inscrire dans l'histoire. Les vies de plus d'un milliard d'affamés en dépendent.
Jeffrey D. Sachs est professeur d'économie et dirige l'Institut de la Terre à l'université de Columbia.
Ces contributions peuvent produire des effets remarquables. En Afrique, en Haïti et dans d'autres régions pauvres, les cultivateurs doivent ensemencer sans l'aide actuellement ni d'engrais ni de semences à rendement élevé. Conséquence, un cultivateur en Afrique produit une tonne de céréales par hectare, contre plus de quatre en Chine.
Avec une aide financière internationale, les agriculteurs en Afrique pourraient enfin acquérir des engrais pour augmenter leur rendement et vendre avec des plus-values leur production. Ce qui leur permettrait d'épargner afin de devenir solvable ou d'acquérir par eux-mêmes après plusieurs années des produits fertilisants nécessaires.
Aujourd'hui, il existe dans le monde un très large consensus sur la nécessité et l'extrême urgence d'augmenter les financements pour les petites exploitations agricoles (deux hectares ou moins) et pour les éleveurs pauvres. En 2008, le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, avait estimé le besoin de financement à 8 milliards de dollars environ par an, soit près de quatre fois les montants actuels, pour financer particulièrement les semences enrichies, les engrais, les systèmes d'irrigation, et la formation agricole. En outre, les pays donateurs devraient accorder plus d'aides à la recherche et au développement.
Ce sont des centres de recherche comme l'International Rice Research Institute et l'International Maize and Wheat Improvement Centre qui ont contribué à lancer la « révolution verte » en Asie du Sud-Est.
Des dizaines de pays à faible revenu et souffrant d'un déficit alimentaire ont élaboré, pour augmenter la production alimentaire des petits exploitants, des programmes d'urgence qui sont actuellement bloqués par le manque de dons. En dépit d'un effort courageux de la Banque mondiale en 2008 à travers son Programme d'intervention en réponse à la crise alimentaire mondiale (GFRP), les financements pour subvenir aux besoins urgents de ces pays sont encore insuffisants.
A titre individuel, de nombreux pays donateurs ont déclaré qu'ils sont maintenant prêts à augmenter leur aide financière en direction des petites exploitations agricoles, mais qu'ils sont à la recherche de mécanismes adéquats pour passer à l'action. Les structures d'aide actuelles ne conviennent pas. La vingtaine, ou plus, d'agences bilatérales ou multilatérales en faveur de l'agriculture sont très fragmentées et de taille insuffisante, individuellement et collectivement.
Malgré les efforts généreux de nombreux professionnels, la réponse à la crise alimentaire demeure totalement inadéquate. Les pays africains sont sans cesse, et souvent en vain, à la recherche de petites sommes nécessaires à l'achat d'engrais et de semences enrichies.
Membres d'un comité consultatif pour l'initiative espagnole, mes collègues et moi-même avons préconisé la création d'un compte unique international. Ce mécanisme, le Financial Coordination Mechanism (FCM), permettrait aux pays donateurs de centraliser leurs fonds. Ces fonds réunis permettraient aux exploitants des pays pauvres de se procurer l'engrais, les variétés de semences enrichies et les systèmes d'irrigation à petite échelle qui leur font cruellement défaut.
Les pays pauvres auraient ainsi accès à un financement rapide et anticipé émanant de ce compte unique, plutôt que de dizaines de donateurs distincts et cloisonnés. En regroupant les ressources financières en un FCM unique, les coûts de gestion des programmes d'aide pourraient être réduits au minimum, la disponibilité des flux serait assurée, et les pays pauvres n'auraient pas à poser 25 demandes pour recevoir de l'aide.
Il faut rompre avec nos habitudes. Les donateurs ont promis que l'aide à l'Afrique serait multipliée par deux d'ici à 2010, mais on est loin du compte. Il nous faut faire une percée incontestable. A la fin du mois de janvier, lorsque pays riches et pays pauvres se pencheront ensemble sur les solutions face à la crise alimentaire, Madrid pourrait s'inscrire dans l'histoire. Les vies de plus d'un milliard d'affamés en dépendent.
Jeffrey D. Sachs est professeur d'économie et dirige l'Institut de la Terre à l'université de Columbia.
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